samedi 13 février 2016

Tribune du 1er Adjoint-Maire de Reichstett Norbert Anzenberger

Tribune DNA du 1er Adjoint au Maire de Reichstett Norbert Anzenberger

Pourquoi devrions - nous subir ce que les riverains du port aux pétroles ne veulent pas ?

Norbert Anzenberger, premier adjoint au maire de Reichstett, rappelle dans une tribune adressée aux DNA que le site de l’ancienne raffinerie n’a pas vocation à accueillir des installations et activités indésirables à Strasbourg ou ailleurs dans l’Eurométropole.
« Non, les Reichstettois ne doivent pas devenir les laissés-pour-compte de l’Eurométropole.

Pourquoi notre commune de 4 500 habitants et les communes avoisinantes devraient-elles subir tout ce que les riverains du port aux pétroles de Strasbourg ne veulent pas, et notamment la géothermie profonde et l’augmentation des capacités de stockage de produits dangereux ?

La forte mobilisation, d’ailleurs légitime, des habitants de la Robertsau et du Conseil des XV ainsi que des associations de quartier a fait reculer le maire de Strasbourg, Roland Ries, le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, mais aussi le préfet et l’État.

Strasbourg refusant d’accueillir ces structures, les élus de l’Eurométropole avalisent, sans la moindre concertation, de déplacer ces projets sur un site qu’on présente comme désaffecté et surtout où les habitants ont eu l’habitude de vivre avec une raffinerie, entre 1962 et 2008. À savoir Reichstett.

Ces édiles oublient que Reichstett a changé et a évolué. Sorti de la zone Seveso, un projet de 450 logements est en train de se construire avec notamment une part importante de logements sociaux, des résidences séniors, des crèches, des commerces, à proximité d’une baignade accueillant plus de 4 000 personnes par jour en été, et tout cela à moins de 500 m à vol d’oiseau du lieu où sont prévus et l’extension du stockage de gaz et l’usine de géothermie profonde.

Un Écoparc rhénan se réalise sur le site de l’ancienne raffinerie, destiné aux PME et PMI avec des restaurants d’entreprise et des lieux d’accueil pour les enfants des futurs salariés représentant plus de 1 500 emplois dans les années à venir.

La société Wagram, qui a repris la partie de stockage existante dans les cuves et la gare de distribution, n’a jamais subi de critiques de notre part. Au contraire, la poursuite de l’activité a été bien accueillie.

Mais alors pourquoi cette filiale de la société Total veut-elle mettre 2 000 tonnes de gaz en wagons-citernes de plus ? Procéder ainsi, c’est augmenter considérablement le risque sur site alors qu’aucun emploi supplémentaire ne va être créé et aucune surface supplémentaire ajoutée. Il s’agit donc bien d’une densification supplémentaire des risques dans une même zone.

Parallèlement, suite au refus de la ville de Strasbourg de l’accueillir, un projet de géothermie est annoncé sur le site de l’ancienne raffinerie, située sur le ban de la commune de Vendenheim.

Reichstett n’est pas contre la géothermie, nous avons même soutenu un projet d’une entreprise alsacienne sur le ban communal mais bien sûr en dehors de la raffinerie et de la zone Seveso. Une délibération a été prise en 2013.

D’ailleurs, pourquoi l’idée d’implanter un puits de géothermie en zone Seveso à Strasbourg, et considérée comme mauvaise par Roland Ries et Robert Herrmann, deviendrait-elle soudainement bonne pour Reichstett ?

Roland Ries a expliqué que « choisir un site Seveso, avec un PPRT, c’est multiplier les risques, c’est créer inutilement une angoisse par rapport à cette filière et c’est un autre site non Seveso qu’il faut choisir pour expérimenter cette technologie ».

Comme lui, nous soutenons cette filière et comme lui nous estimons que cette technologie doit être expérimentée sur des sites non Seveso.

Aujourd’hui, il semble que l’Eurométropole soit à la manœuvre et demande aux élus et vice-présidents de sa majorité d’approuver ou de faire approuver ces projets aux communes voisines.

Nous ne pouvons qu’être étonnés de l’attitude de certains élus en charge de ces dossiers sensibles et nous le regrettons.

Mais Reichstett ne cédera pas à ces pressions !

Que ce soit pour la géothermie comme pour d’autres projets, ce que Strasbourg refuse ne doit pas être imposé aux communes membres de l’Eurométropole ».