lundi 10 juin 2013

OUI à la ratification de la charte européenne des langues minoritaires ou régionales

Langues régionales à l'école : La reconnaissance de l'enseignement bilingue confirmée à l'Assemblée nationale

Le Président François Hollande s'est récemment rangé à l'avis du Conseil d'Etat qui juge la ratification de la Charte des langues régionales ou minoritaires contraire la Constitution.

Il renie par là-même une nouvelle proposition, la n°56 : "Je ferai ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires"..
Le Président Hollande renie sa proposition en utilisant le faux prétexte de ne pas avoir la majorité des 3/5e nécessaire à la révision constitutionnelle sur le sujet. En réalité il n'a jamais vraiment travaillé sur le sujet.

L'article 2 de la Constitution sert à bloquer l'alsacien ou le breton, mais il laisse passer l'anglais dans les universités. Merci à Justin Vogel et Philippe Richert (Pdt Région Alsace) d'avoir récemment défendu en Alsace ,lors d'un colloque, la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires que la France a signé en 1999 mais non ratifiée alors que 24 pays l'ont fait.

En 1999 la France a signé la Charte sous la Présidence de Jacques Chirac mais ne l'a pas ratifié, le Conseil Consitutionnel l'estimant contraire à l'article 2 de notre Constitution qui stipule : "la langue de la République est le français", rajout du Président Miterrand
Cette charte européenne fut signé en 1992 au sein du Conseil de l'Europe .C'est une convention européenne "destinée d'une part à protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant qu’aspect menacé du patrimoine culturel européen et d’autre part à favoriser l’emploi de ces langues dans la vie privée et publique. Son objectif est donc essentiellement d'ordre culturel".
Le Conseil économique et social des Nations Unies a, en 2008, « suggéré » et « recommandé » à la France d'« envisager » la ratification de cette Charte.

L'Assemblée nationale a récemment confirmé la reconnaissance de l'enseignement bilingue au sein de l'Ecole de la République. Une nouvelle place a été donnée aux langues régionales au sein du Projet de loi sur la refondation de l'Ecole. Cela récompense la mobilisation de beaucoup d'acteurs de la défense de nos langues régionales, qui doivent être perçues comme un atout, et non comme un danger pour la République et la langue française.

A l'heure où le gouvernement de François Hollande et Jean-Marc Ayrault a renforcé la présence de l'anglais au sein de nos universités , il serait temps pour nos gouvernants de penser que la France est une union de territoires réalisée au fil des siècles et qui ont chacun leurs cultures, leurs musiques, leurs langues ou dialectes et non un pays uniforme.
Cela n'enlève en rien l'amour de la langue Française et la défense des valeurs communes que nous partageons en tant que français.

En vert foncé, pays ayant signé et ratifié
En vert clair, pays ayant signé mais non ratifié, en blanc, pays n'ayant ni signé ni ratifié, en gris pays ne faisant pas parti du Conseil de l'Europe
Il y a un an, Stéphane Bourhis, Conseiller municipal UMP de Hoenheim et ancien Conseiller Régional d'Alsace donnait une téléconférence sur le sujet en Corse 

Vous pouvez lire cette excellente brochure de 60 pages sur l'impact réel des mécanismes de suivi du Conseil de l’Europe pour l’amélioration du respect des droits de l’Homme et de la prééminence du droit dans les États membres http://www.coe.int/t/dg4/education/minlang/Publications/ImpactBrochure_fr.pdf



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